Quel est ton message, cher ami?

Le Royaume Caché, Barbara Moore et Julia Jeffrey

Elle inspire un peu d’air et le bloque dans sa poitrine comme pour retenir le prochain pas qu’elle envisage de faire. Dans ce silence continu, une voix surgit depuis cet espace qu’elle a longtemps confondu avec son vide. Cette voix résonne au point de faire trembler toute sa fougue et le peu de certitudes qui lui restent encore aujourd’hui, depuis que le torrent a traversé ses murs de croyances. Des croyances portées par un cœur qui lui parlait dans une langue maternelle mais oubliée. Elle entendait le fracas des messages mais n’en percevait pas le sens.

Elle s’était donc tournée naturellement et confusément vers l’Autre, en l’attendant tel un messie, s’abreuvant à ses paroles, existant seulement à travers son regard. Et de son regard, elle avait peint l’Éternel. Parce qu’elle était sienne à tout jamais, s’était-elle dit, et que sa vie ne pouvait avoir un sens que si la sienne, à lui, se donnait à elle. Sacrifice. Attente.

L’attente. C’était de cela qu’il s’était s’agi. De cela et aussi, des limites, non intégrées, comme pour masquer la peur d’exister de peur de mourir, de ne pas avoir vécu au moment de mourir. Alors fixer son regard sur l’Autre, se confondre en l’Autre, croyant se sentir vivre à partir de lui, attaché comme accordé à son âme. Et pour couronner le tout, s’en justifier lorsque tu attends que l’Autre soit à ton image, que la Vie réponde aux peurs ancestrales déguisées en souhaits et en traditions familiales. Quand tu réduis ta personne en stéréotypes rassurants mais morts-vivants. Errant ainsi comme un capitaine sur son navire se rapprochant du port mais n’ayant toujours pas choisi de quitter la mer. T’abuses un peu Ulysse, là. Ne vois-tu pas que personne n’est à bord? On espère tous te voir revenir à la maison même si tu es différent de l’image que l’on a gardé de toi. Aller, à travers ce brouillard, laisse-toi venir jusqu’à moi.

Ulysse, Reviens! Reviens à toi. Reviens à la maison.

Elle entendit la voix, comme il l’avait aussi un jour entendu, et elle choisit de la suivre même si elle n’en comprenait pas vraiment le sens. Parce qu’elle avait senti résonner tout à l’intérieur d’elle, infiniment à l’intérieur d’elle, au cœur de son être, ce fil invisible qui la relie de la terre jusqu’au ciel. Cette vérité des étoiles, cette sagesse ancestrale.

Elle se rappela qu’elle avait souhaiter vivre sa vie. Et pour cela, il avait fallu faire table rase du passé (13), (re)trouver son équilibre différemment d’avant (14), affronter, être dépassée, fusionner puis se laisser traverser par ses peurs masquées en ego effronté, rebellé (15) ; creuser dans la terre pour sortir de ses racines la richesse ancestrale redécouverte (16), se sentir guidée (17) pour pouvoir traverser la nuit et ses songes (18) afin de s’en inspirer pour créer et transformer sa personne et ses relations (19). Et enfin, aujourd’hui, se saisir de ces nouvelles énergies pour commencer une nouvelle étape dans sa vie, avec confiance et joie.

Et comme cette chanson s’est fait entendre pendant que j’écrivais… l’histoire d’une attente? Ain’t no sunshine, Bill Withers

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